02/02/2007

Conwenna face à Jerôme

Je rejoins Gawain dans le salon après avoir fini de boucler mon sac pour le week-end qui s'annonce. Je sais qu'il songe encore à l'histoire de Cassandre dans la domus du Cercle d'Hermes et aux conséquences de ce qu'elle a découvert dans la bibliothèque de l'endroit. Le cercle a payé cher son comportement orgueilleux, car toutes ses domus finirent par être détruites par les ombres. Je sais qu'il revit l'interrogatoire de Jocaste, je ne sais pas si je dois lui parler du rêve que j'ai fait cette nuit. Je rêve d'une cité qui se chevauche dans le temps, de trahison, d'une wiccan qui s'apprête à rencontrer le même destin que clui de Cassandre. Mais, contrairement aux rêves que j'ai de Maritza ou du passé, ceux-ci sont troubles et je ne sais qu'en penser. Je me place près de Gawain et le rejoint dans sa transe…

Durant la journée, Cassandre visite la domus comme si elle était effectivement chez elle. Tout ceux qui tente de l'arrêter se font sermonner par Jocaste. La jeune femme visite ainsi la bibliothèque de la fondation, les laboratoires, les salons où les thaumaturges reçoivent leurs invités.

Malgré les avertissements de Jocaste, deux gardes tentent d'arrêter Cassandre lors de ses pérégrinations. Non content de les tuer, elle met sa menace à exécution et devant les servants mortels et servantes, elle sort le domitor des deux imbéciles de sa torpeur et l'oblige à se rendre dans le jardin où ses pouvoirs se sont révélés, causant inévitablement la destruction du vampire et provoquant l'effroi parmi le personnel. Lorsque le soir tombe, Cassandre est dans la bibliothèque, étudiant tout ce que l'ordre possède sur Ayngean et va de surprise en surprise.

Alors qu'elle est plongé dans ses lectures, la porte de la bibliothèque s'ouvre à la volée, laissant la place à un Jérôme de De Khudil fou furieux.

-Comment avez-vous osé ?

-Bonsoir Jérôme… Je suis désolée pour votre apprenti, mais je n'ai pas pour habitude de menacer en l'air.

-Par les cent mille démons, qui êtes-vous donc ? Vous m'avez parlé durant la journée ! Vous avez trouvé nos havres sans même vous déplacer ! Quelle genre de femme êtes-vous ?

Cassandre referme le livre qu'elle consultait et se lève droite face à Jérôme de De Khudil.

-Je suis Cassandre Descrieux, dépositaire du savoir de Bou Chougga, en moi coule la science de l'orbe d'Amberus et j'ai franchi déjà une fois la porte de la salle des Trois Piliers pour me retrouver face à Lachésis !

A l'énoncé de ces paroles, Jérôme recule d'un pas comme si la foudre venait de tomber à ses pieds. Son assurance semble envolée et une crainte manifeste se lit sur son visage.

-C'est impossible ! Comment pourrais-tu être dépositaire du savoir d'un monde dont tu n'es pas issue ?

-Et la lampe de Farlandia, Jérôme de De Khudil, l'aurais-tu oubliée ? Tu as pu juger que je savais l'utiliser, or à moins d'être en possession d'un rituel aléatoire, seuls certaines personnes issues de Ayngean savant comment fonctionnent ces lampes !

Jérôme de De Khudil devient de plus en plus blème. Il regarde Cassandre d'un œil noir.

-Jocaste n'arrête pas de crier comme une folle que vous êtes celle que les prophéties des parchemins de la folie annonçaient. Je ne peux me résoudre à ce que cela soit vrai, car cela signifierait qu'une guerre auquel nul n'est préparé dans le cercle est sur le point d'éclater.

Cassandre ne dit rien, pourtant les paroles du Praetor trouve un écho lointain en elle.

Comme à chaque fois, la vision de ce qui s'est déroulé dans la domus du Cercle Hermès s'arrête ici. Je sais depuis peu que c'est lié à ces fameux parchemins, leur seule évocation de ces mystérieux parchemins cause un trouble chez Gawain que je n'explique pas encore. J'ai beau le questionner à ce sujet, il reste de marbre et refuse de me répondre sous prétexte que je ne suis pas encore prête pour cela. Cette attitude m'agace, mais je reste stoïque et revient à la charge d'un autre côté, je finirai pas par lui faire cracher ce qu'il sait à propos de ces écrits qui le troublent tant.

Fin de la première partie

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26/01/2007

Cassandre choisit sa voie

- Hors de question ! Tu m'entends, homme de pierre ! Conwenna et moi ne faisons qu'une ! Je ne vais pas renoncer à ma vie et à mes pouvoirs pour elle ! Elle a eu sa chance, elle ne l'a pas saisie !

(Je t'en supplie, Cassandre. La vengeance est mauvaise conseillère et l'orgueil un maitre dangereux)

-Tu me supplies toi qui avait tout pour devenir grande et qui a renoncé au pouvoir par amour ?

(Oui, j'ai renoncé à ce pouvoir qui m'était offert parce qu'un homme que j'aimais et qui m'aimait m'a montré combien la voie du pouvoir était futile)

-Futile ? le pouvoir ? Tu te moques de moi ?

(Non. Il y a plus que le pouvoir. C'est à cause de cela que les prêtres ont perdu leur crédibilité dans les Cinq Continents. C'est à cause de cela que les comtes se sont fait la guerre et que la Légion a pu envahir Anturia).

-C'est ton histoire Conwenna, pas la mienne. Moi, j'ai été trahie par mon propre père !

(Et qui crois-tu qui m'a vendue aux prêtres, si ce n'est mon père ? Mais, si je l'ai haï au départ, j'ai dû me rendre compte qu'il n'avait été que leur jouet comme tant d'autres parents. Les prêtres étaient supposés incarné la sagesse, mais leur puissance les a détournée de leur premier devoir.)

-C'est bien malheureux pour eux, mais comme je t'ai dis, ce n'est ni mon histoire, ni mon problème. Je ne te libérerai pas, Conwenna. J'ai besoin de tes pouvoirs et tu ne peux m'empêcher de les utiliser. Adonc, tais-toi si je ne t'invite pas à la parole.

Un sentiment de déchirement envahit soudain Cassandre, mais elle le fait taire aussitôt. Lorsqu'elle rouvre les yeux, le temple et la statue ont disparu pour ne laisser la place qu'au jardin de la domus. Cassandre se concentre alors sur ce qui l'entoure et, avec un sourire carnassier, se rend compte de ce que les pouvoirs de Conwenna lui permettent de faire. Conwenna était une guérisseuse, elle pouvait plonger au tréfond des êtres pour soigner leurs blessures ou appaiser leur douleur. Cassandre se concentre et laisse glisser son esprit comme un serpent dans la domus. Elle s'immisce discrètement dans les esprits des vivants, sondant leurs secrets, leurs craintes, leurs joies. Soudain, elle sent son pouvoir se rétracter. Elle fronce les sourcils et comprend, Conwenna tente de lutter.

- Tu n'y arriveras pas

(Tu ne peux utiliser mon pouvoir à cette fin. Je m'y refuse !)

- Quelqu'un a-t-il dit que tu avais le choix ? Je peux tout aussi bien tuer des innocents si tu continues à me contrarier.

(Quoi ? Comment ferais-tu une chose pareille ?)

-Mais en combinant tes pouvoirs et les miens ma chère…

Cassandre se concentre un peu plus et étend sa perception au-delà de la fondation. Elle n'a pas à chercher loin pour trouver une bourgade avoisinante et finit par trouver une mère et son nouveau-né.

(Cassandre ? Que fais-tu ?)

-Cesse de t'opposer à moi ou, par Lachésis, je te jure que je tue l'enfant…

(Non ! La vie est sacrée ! Surtout celle d'un enfant nouveau-né !)

- Pour moi, aucune vie n'est sacrée, Conwenna ! Aucune !

Conwenna se tait. Un profond désepsoir émane d'elle, mais Cassandre n'en a cure. Puis, doucement, les blocages imposés par Conwenna s'effacent et Cassandre a a nouveau conscience de chaque chose qui l'entoure. Elle quitte la village, laissant la mère et son enfant en paix, puis déploie toutes ses facultés dans la domus toute entière. Jocaste accourt alors en hurlant, mais Cassandre la stoppe d'un regard.

- Un pas de plus et c'en est fini de tes cinq siècles d'existence, Jocaste !

La servante s'arrête net.

- C'est impossible ! Impossible ! Nulle magie ne peut avoir prise en ces lieux…

- Il semblerait que si, répond Cassandre avec un sourire mauvais.

- Mais… Le collier ! Qu'avez-vous fait du collier ?

Cassandre tend alors la main gauche, le collier d'entrave est dans sa paume. Au fond d'elle, la surprise de voir cet objet là est grande, mais sur son visage, aucune émotion ne transparaît.

- Vous parlez sans doute de ceci ?

Jocaste pousse un hurlement sourd, elle voudrait avancer, mais semble être figée sur place. Ses traits se déforment sous la douleur et la colère. Cassandre s'avance vers elle comme un serpent vers sa proie. Les formes généreuses de la jeune femme dodelinent au rythme du mouvement, comme la danse séductrice d'un cobra. Elle avance sa main vers Jocaste et lui place le collier autour du cou.

- Je suis lasse de vous voir Jocaste. Je vais aller manger et visiter cet endroit ensuite. Quiconque tentera de m'arrêter causera la mort d'un des apprentis de Jérôme de De Khudil.

- Non ! Vous ne pouvez les avoir sous votre contrôle !

- Tu crois cela, Jocaste ? Veux-tu une démonstration de mes talents ?

La servante reste sans voix devant la puissance qui irradie de la jeune femme. Elle fait un pas de côté et s'incline.

- Non, ma dame… Je vous crois sur parole.

- Cassandre affiche un sourire méprisant.

- C'est bien, Jocaste. C'est très bien.

La jeune femme ramasse la robe de lin et l'enfile négligement avant de se diriger vers le couloir avec cette démarche rappelant inévitablement un serpent. Derrière elle, Jocaste se tord les mains et ne cesse de murmurer "la prophétie ! la prophétie s'accomplit… Grands dieux, protégez-nous !".

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21/01/2007

L'homme de pierre

- Cela vous convient-il, dame ? demande Jocaste avec résignation et respect.

- Ça fera l'affaire, merci Jocaste, vous pouvez vous retirer.

A ces mots, la servante ouvre de grands yeux et dit d'une voix blanche.

- Il n'a pas été prévu que je doive vous laisser seule, dame.

-( C'eut été trop beau). Ah ? Cela signifie-t-il que je vais devoir procéder à mes ablutions devant témoins ?

Le ton de Cassandre fait reculer la servante d'un pas.

- Je n'ai pas le droit de vous laisser seule, dame.

- Et moi, je ne compte pas rendre hommage à la Déesse devant témoins ! Surtout si ceux-ci sont au service d'un vampire ou de son clan !

A nouveau, Jocaste vacille devant le ton cinglant de la jeune femme.

- Si le seigneur Jérôme apprend que je lui ai désobéi, je risque de gros ennuis.

Cassandre fait mine de prendre le sort de la servante en intérêt.

- Fort bien, Jocaste. Je serais désolée que vous ayez des ennuis avec votre maître. Au moins, éloignez-vous tous les deux, je ne vois pas comment je pourrais m'enfuir depuis ce jardin.

- Oui, ça nous pouvons faire, répond la servante soulagée avant de faire signe au garde de s'écarter et de laisser Cassandre seule dans le jardin.

À peine Jocaste et le garde se sont-ils éloignés que Cassandre examine le jardin avec attention. Pas de porte visible, pas de corniche où grimper et les arbres ne sont pas assez grands non plus. De Khudil avait dû anticiper sa demande et donné ses ordres à Jocaste. L'effroi de la servante était-il réel ou feint, cela restait encore à déterminer, en attendant, Cassandre avait un rôle à jouer et elle comptait bien s'y tenir. Elle ôta la robe de lin et tourna son corps nu vers le levant tel qu'on le lui avait appris à Avalon et à réciter l'hommage au soleil.

Ô Dieu du Soleil,

je salue ton retour

Puisses-tu éclairer la Déesse de tous tes feux!

Puisses-tu éclairer la terre de tous tes feux,

répandre des semences et fertiliser le sol.

Sois comblé de grâces,

Ô réincarnation du Soleil.

Cette simple phrase sortie de sa mémoire et répétée des centaines de fois à Avalon semble soudain prendre un autre sens. Des images l'envahissent. Un autre jardin, une autre prière. Elle voit un temple inconnu, des hommes au crâne rasé portants des toges orange, une statue monumentale représentant un homme torse nu assis en tailleur avec un sourire indéfinisable sur le visage. Elle ne sait pourquoi ce visage lui fait peur. Elle fixe la statue droit dans les yeux et celle-ci semble prendre vie.

- Tes paroles sont belles, Cassandre, mais sans âme.

- Qui es-tu ? Que me veux-tu ? demande Cassandre un peu effrayée par cette étrange vision.

- Je suis celui qui a atteint le bout du chemin. Celui qui a vu toutes choses passées et présentes.

- Tu es un dieu ?

- Non, Cassandre… Je ne suis pas un dieu… Juste un homme qui a passé une partie de sa vie dans la futilité pour mieux apprécier la recherche de la lumière et l'aboutissement du chemin vers le Grand Tout.

- Le Grand Tout ?

- L'ultime chemin vers l'Illumination. Chemin auquel tu as déjà tourné le dos même si tu te prétends du Sanctuaire, alors que ton cœur est sec et tourné vers les ténèbres auxquelles tu appartiens déjà partiellement.

- Que me veux-tu alors ? Homme de pierre !

- Je veux ce que me demande l'homme qui est venu se recueillir en mon sanctuaire, je veux libérer Conwenna de ses tourments…

Cassandre réalise alors ce que lui veux la statue. Sans Conwenna, ses pouvoirs seront affaiblis et elle sera alors incapable de faire face à Jérôme de De Khudil. Conwenna était d'une race maîtrisant une certaine forme de magie inconnue dans ce monde-ci. Une part d'elle est Conwenna, mais elle est avant tout Cassandre, et la voie que suit Cassandre déplaît à Conwenna qui avait soif de bonté, d'humanité.

10:59 Écrit par Masque dans Cycle 1 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |