26/01/2007

Cassandre choisit sa voie

- Hors de question ! Tu m'entends, homme de pierre ! Conwenna et moi ne faisons qu'une ! Je ne vais pas renoncer à ma vie et à mes pouvoirs pour elle ! Elle a eu sa chance, elle ne l'a pas saisie !

(Je t'en supplie, Cassandre. La vengeance est mauvaise conseillère et l'orgueil un maitre dangereux)

-Tu me supplies toi qui avait tout pour devenir grande et qui a renoncé au pouvoir par amour ?

(Oui, j'ai renoncé à ce pouvoir qui m'était offert parce qu'un homme que j'aimais et qui m'aimait m'a montré combien la voie du pouvoir était futile)

-Futile ? le pouvoir ? Tu te moques de moi ?

(Non. Il y a plus que le pouvoir. C'est à cause de cela que les prêtres ont perdu leur crédibilité dans les Cinq Continents. C'est à cause de cela que les comtes se sont fait la guerre et que la Légion a pu envahir Anturia).

-C'est ton histoire Conwenna, pas la mienne. Moi, j'ai été trahie par mon propre père !

(Et qui crois-tu qui m'a vendue aux prêtres, si ce n'est mon père ? Mais, si je l'ai haï au départ, j'ai dû me rendre compte qu'il n'avait été que leur jouet comme tant d'autres parents. Les prêtres étaient supposés incarné la sagesse, mais leur puissance les a détournée de leur premier devoir.)

-C'est bien malheureux pour eux, mais comme je t'ai dis, ce n'est ni mon histoire, ni mon problème. Je ne te libérerai pas, Conwenna. J'ai besoin de tes pouvoirs et tu ne peux m'empêcher de les utiliser. Adonc, tais-toi si je ne t'invite pas à la parole.

Un sentiment de déchirement envahit soudain Cassandre, mais elle le fait taire aussitôt. Lorsqu'elle rouvre les yeux, le temple et la statue ont disparu pour ne laisser la place qu'au jardin de la domus. Cassandre se concentre alors sur ce qui l'entoure et, avec un sourire carnassier, se rend compte de ce que les pouvoirs de Conwenna lui permettent de faire. Conwenna était une guérisseuse, elle pouvait plonger au tréfond des êtres pour soigner leurs blessures ou appaiser leur douleur. Cassandre se concentre et laisse glisser son esprit comme un serpent dans la domus. Elle s'immisce discrètement dans les esprits des vivants, sondant leurs secrets, leurs craintes, leurs joies. Soudain, elle sent son pouvoir se rétracter. Elle fronce les sourcils et comprend, Conwenna tente de lutter.

- Tu n'y arriveras pas

(Tu ne peux utiliser mon pouvoir à cette fin. Je m'y refuse !)

- Quelqu'un a-t-il dit que tu avais le choix ? Je peux tout aussi bien tuer des innocents si tu continues à me contrarier.

(Quoi ? Comment ferais-tu une chose pareille ?)

-Mais en combinant tes pouvoirs et les miens ma chère…

Cassandre se concentre un peu plus et étend sa perception au-delà de la fondation. Elle n'a pas à chercher loin pour trouver une bourgade avoisinante et finit par trouver une mère et son nouveau-né.

(Cassandre ? Que fais-tu ?)

-Cesse de t'opposer à moi ou, par Lachésis, je te jure que je tue l'enfant…

(Non ! La vie est sacrée ! Surtout celle d'un enfant nouveau-né !)

- Pour moi, aucune vie n'est sacrée, Conwenna ! Aucune !

Conwenna se tait. Un profond désepsoir émane d'elle, mais Cassandre n'en a cure. Puis, doucement, les blocages imposés par Conwenna s'effacent et Cassandre a a nouveau conscience de chaque chose qui l'entoure. Elle quitte la village, laissant la mère et son enfant en paix, puis déploie toutes ses facultés dans la domus toute entière. Jocaste accourt alors en hurlant, mais Cassandre la stoppe d'un regard.

- Un pas de plus et c'en est fini de tes cinq siècles d'existence, Jocaste !

La servante s'arrête net.

- C'est impossible ! Impossible ! Nulle magie ne peut avoir prise en ces lieux…

- Il semblerait que si, répond Cassandre avec un sourire mauvais.

- Mais… Le collier ! Qu'avez-vous fait du collier ?

Cassandre tend alors la main gauche, le collier d'entrave est dans sa paume. Au fond d'elle, la surprise de voir cet objet là est grande, mais sur son visage, aucune émotion ne transparaît.

- Vous parlez sans doute de ceci ?

Jocaste pousse un hurlement sourd, elle voudrait avancer, mais semble être figée sur place. Ses traits se déforment sous la douleur et la colère. Cassandre s'avance vers elle comme un serpent vers sa proie. Les formes généreuses de la jeune femme dodelinent au rythme du mouvement, comme la danse séductrice d'un cobra. Elle avance sa main vers Jocaste et lui place le collier autour du cou.

- Je suis lasse de vous voir Jocaste. Je vais aller manger et visiter cet endroit ensuite. Quiconque tentera de m'arrêter causera la mort d'un des apprentis de Jérôme de De Khudil.

- Non ! Vous ne pouvez les avoir sous votre contrôle !

- Tu crois cela, Jocaste ? Veux-tu une démonstration de mes talents ?

La servante reste sans voix devant la puissance qui irradie de la jeune femme. Elle fait un pas de côté et s'incline.

- Non, ma dame… Je vous crois sur parole.

- Cassandre affiche un sourire méprisant.

- C'est bien, Jocaste. C'est très bien.

La jeune femme ramasse la robe de lin et l'enfile négligement avant de se diriger vers le couloir avec cette démarche rappelant inévitablement un serpent. Derrière elle, Jocaste se tord les mains et ne cesse de murmurer "la prophétie ! la prophétie s'accomplit… Grands dieux, protégez-nous !".

16:48 Écrit par Masque dans Cycle 1 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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