05/11/2005

Souvenirs de Conwenna 1

De Khudil semble démonté devant les affirmations de Cassandre. Sur son visage, la jeune femme peut lire l'hésitation tandis qu'elle met tout en œuvre pour garder ses boucliers mentaux intacts.

-       (Après tout, si j'ai réussi à tromper Casimir et lui cacher l'existence de mon fils durant toutes ces années, je devrais pouvoir arriver à bloquer celui-ci aussi).

-       Fort bien ! Peut-être êtes-vous vraiment ce que vous prétendez être et dans ce cas, nous vous relaxerons très vite avec les excuses appropriées. Mais, cela demande quand même enquête ! En attendant, vous êtes mon invitée. Jocaste prendra soin de vous. En tant que wicca, je suppose que vous savez comment fonctionne cet objet ? dit-il en désignant la lampe.

-       Oui, certainement, répond Cassandre pas plus sûre d'elle que cela, c'est l'enfance de l'art votre lampe.

-       Le Praetor fait la grimace à cette réponse. 

-       Décidément, je vais finir par penser qu'il y a erreur sur la personne ! Je vais donc vous laisser reposer. Je vous souhaite une bonne nuit, dame.

Jérôme de De Khudil s'incline avec déférence devant Cassandre en prononçant ces mots et quitte la cellule à reculons. Cassandre attend quelques minutes, tout en faisant mine de se replonger dans Shakespeare, avant de laisser échapper un soupir de soulagement.

-       (Diantre ! Je l'ai échappé belle ! J'ai gagné la première joute, mais quelque chose me dit qu'il ne va pas en rester là ! Il reste la question de la lampe, j'ai crâné devant le Praetor pour qu'il pense que je suis une vraie wicca, mais cet objet m'est parfaitement inconnu.).

        cassandre s'assure que personne n'est derrière la porte en étendant ses perceptions mentales tel que la dryade tout d'abord, puis Casimir Maleyvi ensuite, lui ont appris, puis se penche sur l'objet magique. La lampe est de facture classique, de style oriental.

(C'est un luminaire de Farlandia ! Les nantis de Narinya en sont fous ! C'est simple à utiliser, même un enfant y parvient une fois qu'on lui a expliqué).

Cassandre se met à explorer les souvenirs étranges qui l'envahissent. Elle revoit Farlandia, ses bazars, ses caravanes d'épices, ses faiseurs de tours, ses marchands de lampe. Les lampes de Farlandia ! Elle se souvient que dans le sérail on se battait entre favorites pour savoir qui aurait l'insigne honneur de se voir offrir une lampe par le maître. Elle se revoit circuler dans la ville, déguisée, avec une escorte discrète. Le maître lui faisait confiance et l'avait envoyée quérir une de ces lampes pour un comte de ses amis attendu au palais sous peu. Après tout, elle était Kaya Khadiyin, la favorite des favorites, celle qui avait donné deux fils au maître. Elle se revoit discuter âprement avec le marchand de lampe. Elle veut satisfaire le maître au-delà de tout, elle veut une lampe plus belle que toutes les autres. Le marchand s'emporte, ce qu'elle demande est impossible, une lampe aux armes d'un comte faisant partie du conseil du Haut-roi, cela ne s'est jamais vu avant. Elle insiste. Il continue à refuser. Elle plonge alors dans l'esprit de l'homme sans que celui-ci ne s'en rende compte et le plie à sa volonté. L'homme hésite, semble se radoucir devant la bourse d'or qu'elle lui tend. Oui, il peut faire ce que la belle dame lui demande, il a juste besoin du motif pour réaliser l'objet. Elle lui tend une étoffe où figurent les armes du comte de Derhvan, l'artisan la prend, ce sera prêt dans trois jours. Le comte arrive dans quatre, c'est trop juste, elle ne lui en donne que deux, mais promet de doubler la bourse s'il est prêt à temps. Le marchand voit déjà sa fortune briller dans ses yeux et accepte.

 

(Et le marché fut honoré, cet homme fut rendu riche par mes soins et le comte eut sa lampe avant de partir en campagne contre les pirates. Pour la première fois depuis mon entrée au sérail, mon cœur se serra à la vue de cet homme à qui j'enseignais le fonctionnement de la lampe. Il était originaires du cap ocre comme moi et comte de surcroît. Il voyageait seul, n'avait pas de Céleste pour l'accompagner. Cela surprit mon maître, mais le comte lui répondit qu'il n'avait jamais éprouvé le besoin d'être accompagné par l'une d'elle.).


12:21 Écrit par Masque | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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