29/10/2005

Chapitre 11 : la fille de Wotan

Chapitre 11 : La fille de Wotan

 

        Un mois est passé depuis Pâques, demain Marie et moi retrouverons Sandra et Bruno, puis nous nous mettrons en route pour rejoindre Maritza. Beltane approche et le manque d'activité des ombres m'inquiète. Je crains que Cassandre n'agisse durant la cérémonie…

        Je ne cesse de repenser aux témoignages de ceux de la domus que nous avons retrouvé après le passage de cette femme maudite. La puissance familière de sa magie nous avait touché jusqu'à Venise et c'est pour cette raison que nous envoyâmes plusieurs de nos agents pour avoir le fin mot à propos de ce que nous avions ressenti.

        Leur récit trotte encore dans ma tête, près de deux cent trente ans plus tard

 

Aux mots du praetor, Cassandre tressaille intérieurement. Le cercle d'Hermes ! Elle est tombée de Charybe en Sylla ! De prisonnière chez les religieuses, elle se retrouve enfermée dans une domus. Et non des moindres d'après ce qu'elle a pu constater. Si le nom de Jérôme de Khudil lui est parfaitement inconnu, son titre la laisse penser que ce praetor n'est pas n'importe qui. La prudence est donc de mise et la méfiance également.

-       Je suis Cassandre Descrieux, dit-elle en haussant les épaules. Mais, je suppose que vous le saviez déjà ?

-       Oui, je connaissais votre nom avant que mes serviteurs ne viennent vous chercher. Votre "exploit" à Profondeville a attiré mon attention. L'art de la foudre est un art rare chez les mortels comme chez les vampires de mon cercle. Seuls de très anciens et très érudits mages le maîtrisent. Mais vous, vous prétendez contrôler le feu de Wotan. Si cela est vrai, alors vous êtes une perle rare et vous laissez échapper serait un désastre.

-       Un désastre ? Pour vous ou pour votre race honnie ? rétorque Cassandre.

-       Cette réflexion semble heurter le praetor.

-       Ma race honnie ? Jocaste a donc raison, vous avez suivi l'enseignement de la Wicca. Voilà qui va me compliquer la tâche…

-       Pourquoi cela ? Parce que lors du dernier Grand Conseil qui s'est tenu dans la forteresse sacrée d'Ahès, la déesse autrefois vaincue par l'Archimage Myrdinn, les vampires se sont engagés à respecter les wiccan ?

-       Diantre ! Jérôme de De Khudil a cessé de sourire. Vous savez cela aussi ! Pourtant, vous n'êtes pas prêtresse, encore moins guérisseuse et d'après nos renseignements, vous avez mené une vie plutôt en contradiction avec les règles de la Wicca… 

-       Ce que je fais de ma vie par rapport aux événements que j'ai traversé n'est pas de votre ressort !

-       (Il faut que je tienne mon rôle et que ce Praetor ne se doute de rien. Sinon, je suis perdue !).

À cette réplique, de Khudil pâlit.

-        vous pensez être qui pour oser me parler sur ce ton ?

-        je suis une wicca et de ce fait, votre attitude à mon égard est intolérable !

 


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l'attaque

Une douleur atroce me vrille soudain la tête. Je tente de rompre le contact, mais rien à faire. Je veux hurler, mais aucun son ne sort de ma bouche. Je me sens vaciller, mon esprit est aspiré vers un gouffre, mais soudain je sens une chaleur bienfaisante m'entourer et me ramener en arrière. "Tiens bon, Marie, je suis avec toi. Laisse-toi guider.". C'est Sandra. Elle a senti ma détresse et elle est venue à mon aide, elle combine son pouvoir au mien et la douleur diminue. Je dirige mon esprit vers Gawain, il est occupé à se battre contre quatre hommes qui ont surgi durant que je fouillait dans les souvenirs de Jaka. Des ombres, mais d'une autre trempe que celles que Sandra a semé à Bruxelles. Gawain frappe, esquive tout en parlant dans une langue que je ne comprends pas. Les ombres sont vives, mais Gawain l'est encore plus, la magie l'enveloppe et les coups qu'il porte sont autant de litanies qui repoussent ses assaillants peu à peu. Je suis à présent en pleine possession de mes moyens, Sandra est toujours à mes côtés et je comprend qu'elle brûle d'intervenir autant que moi. Nous ne savons rien de la magie, mais nous savons beaucoup à propos des Jedi, si ça a marché jusqu'à présent, pourquoi ne pas continuer ainsi. Je tends la main droite vers les ombres et me concentre, l'un d'entre eux décolle littéralement et va se fracasser contre un mur où sont accrochés les projets architecturaux de mon "père". Je souris en voyant l'incrédulité se peindre sur les visages de nos ennemis et en envoie un second à travers la pièce pour le projeter hors de la pièce. Devant ce renversement de situation, Gawain en profite pour canaliser tout son pouvoir pour prononcer les mots les bannissant à jamais et les  renvoyant à l'état qu'ils n'auraient jamais dû quitter : la mort.

            Les quatres ombres éliminées définitivement, nous retournons à Jaka, mais celui-ci git mort dans le fauteuil où il s'était effondré lors de ma premmière incursion dans son esprit. Ses yeux étaient devenus rouges et ses oreilles saignaient abondamment. Je contemple ce spectacle effarée et me tourne vers Gawain.

-          Ne me dis pas que c'est moi qui ai fait ça ?

Il regarde le corps sans vie et soupire.

-          Non, ce n'est pas toi.

-          Voilà qui me rassure. Qui alors ?

-          Cassandre ou Ghilad.

-          Là, je suis tout de suite moins rassurée…

-          Surtout après ce qu'il vient de se passer ici.

-          Que veux-tu dire ?

-          Aucune gardienne non-initiée, et peu parmi les initiées ont été capables de repousser les ombres ainsi.

-          Ah ?

-          Oui. Comment as-tu fait ?

Je lui explique la douleur, le secours de Sandra, l'union de nos pouvoirs et notre nouvel emprunt à la saga Star Wars. Ce dernier point le fait sourciller, mais il ne dit rien.

-          Je pense que nous n'avons plus rien à faire ici.

Il jette un dernier regard au mort.

-          Tu as raison, allons nous en.

Il passe son bras autour de mon épaule et m'entraîne vers la sortie. Un goût amer s'installe en moi, car je ne sais toujours pas comment cet individu est parvenu à sortir de Ghuslin, ni comment il a pu prendre la place de mon père.


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21/10/2005

Le passé de Jacques fin

La comédie avait duré un an sans que les marchands ne soient inquiétés par le pouvoir royal. Cependant, un an jour pour jour après son audience secrète, Ripas fut à nouveau invité de façon tout à fait officieuse au palais. Le Haut-roi avait réuni un conseil restreint composé de sa personne et de trois proches en qui il avait pleine confiance, c'est ainsi que Tybald entra pour la première fois en rapport avec elle. Le but de ce conseil était de définir une politique au sujet de la corruption régnante au sein de la Guilde, Adrian cachait bien son jeu sous ses airs de roi aimant la fête, les femmes et le vin, il avait donné l'illusion d'un roi qui ne s'intéressait pas au pouvoir alors que dans l'ombre, il savait tout ce qu'il se passait en son royaume. A cinq, ils dicutèrent longuement de la manière de procéder et c'est Ripas qui suggéra que forcer à coopérer certains membres de la Guilde de façon occulte serait préférable à une vague d'arrestations qui ne ferait que rendre les marchands plus prudents dans leurs machinations et c'est à l'unanimité que la proposition fut acceptée et mise en œuvre. Tybald était le bras armé, Heleazar, vieux sage et ancien chef de l'administration royale sous Kheïne venait les trouver avec le marché en main, coopérer avec l'administration royale ou se voir confisquer tous ses biens et aller croupir dans une geôle de la forteresse de Khum en attendant que l'administration royale traite son dossier et convoque un tribunal, mais tout le monde connaît la lenteur de cette vénérable institution et nul ne sait le nombre d'années, voir de décades que cela demanderait. Pour les fautifs, le message était clair et aucun d'entre eux ne s'y trompa, quant à Ripas, il fut nommé licteur et poursuivit sa comédie de fonctionnaire corruptible.- Une garantie ? - Je ne suis pas arrivé jusqu'à ma position grâce à la seule parole donnée, Jaka. Vous désirez payer pour mes services, soit, mais il me faut une garantie qui me protège d'une éventuelle crise de conscience de la part de vos pairs. Vous savez ce qui est arrivé aux trois marchands égrans qui ont été surpris en train de vendre leurs produits sur les marchés de Mabukle munis de fausses autorisations de la Guilde des marchands. Je n'ai pas envie d'aller croupir à Khum…Jaka fronça les sourcils.- Très bien, que désirez-vous ?- Une avance en or… - Une avance ?- Oui, trois nervan, en lingots, dont un marqué du sceau de Kulab.Le prêtre grimaça mai saisit la besace que transportait Geraint lors de leurs déplacements et en sortit trois petits lingots, il récita une courte incantation au-dessus de l'un d'eux et y apposa le sceau demandé. Il posa le tout devant Ripas qui prit le lingot marqué en souriant.- Porté à bonne température pour le marquage par magie, impressionnant… - Etes-vous satisfait à présent ?- Plus encore que vous ne le croyez.Cette phrase serra l'estomac de Jaka. Un piège ! Ripas leur avait tendu un piège. Il vit avec stupeur Geraint s'effondrer dans une torpeur magique et les deux danseuses révéler leur vraie nature : des prêtresses d'Aïnur. Ensuite, le comte Tybald surgit dans la pièce en compagnie de quatre de ses drakkons et Jaka comprit qu'il était fait. On lui avait agité un appât sous le nez et il s'était laissé prendre comme un novice. Il se laissa entraver sans mot dire et suivit le comte en se consolant sur le succès de ses voyages précédents. Le comte et ses hommes le placèrent dans une charrette grillagée, les mêmes charrettes que celles utilisées sur les marchés aux esclaves de Farlandia. Allongé près de lui, Geraint était toujours inconscient. Jaka regarda le paysage défiler et fut surpris de constater que le convoi ne prenait pas la direction du palais royal. Était-il possible qu'on le conduise directement à Khum ? La réputation de la forteresse lui glaçait le sang, la rumeur prétendait qu'on pouvait disparaître à jamais, oublié de tous, une fois franchi la dernière des trois lourdes herses qui ne s'ouvre qu'après que le pont d'accès soit relevé. Mais, ils ne prirent pas la direction des monts de la tête noire non plus. C'est en arrivant près d'une pierre levée que Jaka réalisa que la question appropriée n'était pas "où allaient-ils l'emmener ?", mais bien "quand". Une des prêtresse tendit les bras vers la pierre et se mit à incanter dans la langue enseignée par le Premier. Cette langue que seuls ceux qui partaient étudier à Aïnur comprenaient et pratiquaient au quotidien. Le paysage sembla changer de forme et devint trouble un court instant avant de changer du tout au tout. Lorsque tout fut à nouveau net, ils étaient sur l'île abritant le sanctuaire originel. Les jours suivants furent plus que pénibles pour le prêtre et son acolyte. Les mages d'Aïnur les avait soumis plusieurs fois au miroir de vérité et avaient consigné ce que l'eau sacrée avait reflété lors des différents interrogatoires. A présent, ceux d'Aïnur connaissait l'existence de Ghilad et de la pyramide de la forêt d'Axivarnia. Jaka et Geraint furent exilés à Ghuslin, un monde réservé à ceux qui avaient été condamnés à l'oubli.

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