29/08/2005

chapitre 10 : Narinya

Chapitre 10 : Narinya

 

            Je ne peux m'empêcher de repenser à ce début de journée en fanfare. Ma conversation avec Gawain, l'arrivée impromptue de Domhnall et ses révélations sur les passages et surtout sur le sanctuaire originel qui se trouve à Narinya.

            Repenser à la tête de Sandra lorsqu'elle a vu Gawain dans l'appartement me fait encore sourire. Après avoir confié sa sécurité à Domhnall, Gawain a décidé de m'accompagner jusqu'à Mandres pour rencontrer mon père. La réunion de ce soir a été reportée à notre retour, il va falloir que je réorganise tout mon agenda, mais ça ne devrait pas trop poser de problèmes. Il faut que je sois libre pour Beltane, c'est indispensable.

            Heureusement, la route s'est bien passée, et les autoroutes n'étaient pas engorgées, à Santeny je commence à me sentir plus nerveuse. Je jette un regard à Gawain qui observe le paysage en silence. A quoi pense-t-il ? Il détache ses yeux de sa vitre et se tourne vers moi avec un sourire réconfortant.

-          J'ai l'impression que tu lis dans mes pensées pour me sourire ainsi.

-          Je pourrais en effet… Mais, pas avant Beltane.

-          Pourquoi ?

-          Parce qu'avant dêtre initiée tu ne sauras pas me répondre ou me parler.

-          Tu veux dire que l'initiation va créer un lien psychique entre nous ?

-          C'est exact.

-          Cela nous permet-il de savoir où tu te trouves lorsque nous avons besoin de toi ?

-          En principe, oui.

-          En principe ? Tu penses au décès de Marthe ?

-          Qui lit les pensées de qui maintenant, Marie ?

-          Pas besoin d'être télépathe pour comprendre que cela te tracasse. Avec tout ce que Domhnall nous a expliqué, je n'ai pas mis longtemps à deviner que quelque chose d'anormal s'était passé pour Marthe.

Gawain reste sans rien dire, les yeux perdus dans le vague.

-          La protection des gardiennes est un rôle qui m'est dévolu depuis que Tybald a fondé l'ordre, c'était là notre accord. La mort de Marthe m'apparaît comme un échec personnel.

-          Au lieu de te morigéner, tu ferais bien de passer outre et comprendre comment cela a pu arriver alors qu'elle avait fait de l'appartement un sanctuaire.

Je prends soudain conscience que je lui ai dit ça d'un ton très direct, presque clinique et je jure intérieurement. Il pose sa main sur ma cuisse, la chaleur de sa paume traverse le tissus de mon pantalon de toile et se diffuse dans mon corps.

-          Si tu veux éviter que je nous envoie dans un fossé, tu ferais mieux d'arrêter ça tout de suite.

-          J'essayais de faire en sorte que tu te détendes… Plus on approche, plus je te sens nerveuse, dit-il en ôtant sa main.


12:41 Écrit par Masque | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Nous sommes revenus de Bourgogne. J'ai pensé à toi car j'ai vu beaucoup de gargouilles aux hospices de Beaune. Bibises vinicoles des étoiles.

Écrit par : Nicky | 29/08/2005

gargouille oui, nous sommes partout ;-)

Écrit par : le doge | 30/08/2005

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