24/08/2005

Marie et Théobaldus

Theobaldus revient au présent lorsque Marie lui adresse la parole. Il secoue la tête, ces rêveries du passé deviennent plus fréquentes ces derniers temps, il doit y prendre garde avant que ça ne lui joue des tours.

-         Que disiez-vous ? J'étais ailleurs, je m'en excuse.

-         Je vous disais que le père de Sandra est venu hier, il l'attendait à son retour du parc.

Theobaldus plisse les yeux. La nouvelle semble le contrarier.

-         Que voulait-il ?

-         La persuader de renoncer à devenir la nouvelle gardienne…

Les traits de pierre se figent, mais les yeux ambrés flamboyent.

-         Vous saviez, n'est-ce-pas que lui et mon père avaient trahi l'ordre ?

Theobaldus acquiesse silencieusement.

-         Vous savez pourquoi ?

-         Je m'en doute… Comme je devine que d'autres ont fait de même. Nous avons été stupides de ne pas prêter plus attention à cette femme avant qu'il ne soit trop tard.

-         Elle est donc si dangereuse ?

-         Plus que ses maîtres… En deux siècles, elle a fait plus de dégâts à l'ordre que Marcellus ou même que Casimir Maleyvi.

-         Je compte rentrer en France aujourd'hui, je tenais à vous prévenir. Mes congés sont presque terminés et j'ai une visite à faire avant de reprendre.

-         Ça aussi c'est une nouveauté… les gardiennes précédentes n'avaient pas de vie professionnelle, enfin pas du même genre que la vôtre ou celle de Sandra.

-         Les temps ont changé. Sandra va apparemment hériter d'une certaine somme de sa grand-mère en plus du compte qu'elle avait ouvert à son nom, mais elle ignore encore si ce sera suffisant pour vivre sans avoir besoin de travailler. En plus, je ne suis pas sûre qu'elle en ait envie et à vrai dire, même si je devais décrocher le jackpot, je ne sais pas si je le voudrais non plus…

La gargouille reste sans réagir pendant un instant.

-         Ce dernier siècle a apporté trop de changements en même temps. Pour nous également d'ailleurs…

-         Du fait que les gens croient plus en la technologie qu'en la magie ?

-         Entre autre oui… Et les guerres.

-         Les guerres ?

-         Les guerres ont permi aux ombres de se mouvoir plus vite, de devenir plus puissantes. Nous avions déjà fait ce constat lors des campagnes de Bonaparte, mais la Seconde Guerre Mondiale fut terrible et nous porta un coup dont nous avons encore du mal à nous remettre.

-         Le destruction de la loggia ?

-         Oui. Ainsi que la capture du doge et de toute sa famille.

-         Le doge ?

-         Le Grand-maître de l'ordre des Dragons. C'est le nom que lui donnèrent les Vénitiens, "le Doge occulte".

-         J'ignorais… Je ne sais pas encore grand-chose d'ailleurs.

-         Je sais. Vous auriez dû être préparées petit à petit vous et Sandra. Surtout lorsque vos mères sont décédées, mais vos pères s'y sont opposés de toutes leurs forces.

-         Comment se fait-il qu'elles soient mortes alors que vous protégez les gardiennes et leurs descendantes ?

-         Cassandre s'est montrée très habile. Tandis qu'elle s'occupait de vos mères, ses ombres attaquaient vos grand-mères. Nous n'avons compris qu'après le décès de celle de Sandra que les deux assauts étaient liés, mais il était trop tard, vos pères avaient déjà fait savoir leurs intentions et leur renonciation à la Magie.

-         Que de temps perdu… Je dois aller voir mon père. Je suis certaine qu'il en sait plus que ce que le père de Sandra a bien voulu dire.

-         Si au moins, Bruno était prêt, je pourrais vous accompagner. J'ai l'impression de revivre le même cauchemar que lors que j'ai appris la mort de votre mère.

-         N'exagérons rien, je ne suis pas morte ou sur le point de trépasser.

-         Vous n'en savez rien, Marie. Pas plus que moi d'ailleurs.

-         Vous en dites trop ou pas assez Theobaldus.

-         Cassandre vous veut toutes les deux. Elle ne se contentera pas d'une seule. Elle a cru réussir il y a dix-sept ans et elle découvre aujourd'hui que son plan n'a pas fonctionné comme elle le souhaitait. Croyez-moi, elle ne fera pas deux fois la même erreur.

-         Et que vient faire Bruno là-dedans ? A part que sa famille ait fait partie de l'ordre ?

-         Bruno est supposé être un protecteur.

-         Mais encore ?

-         Autrefois, les sanctuaires avaient des protecteurs, des bras armés chargés de veiller sur l'intégrité des leiux et sur les prêtresses. Avec le temps, les sanctuaires se sont fait plus rares et les prêtresses ont été dispersées. Les Protecteurs sont devenus des sortes de gardes du corps.

-         Et qu'est-ce-qui a foiré pour que nos grand-mères et nos mères n'en aient pas eu ?

-         Beaucoup de Protecteurs furent tués lors de la Première Guerre Mondiale en défendant certains des derniers sanctuaires intacts. Lorsque les nazis installèrent des troupes en Italie, une division SS s'attaqua à Maritza. Rose et Lise, les gardiennes de l'époque parvirent à la sauver et à évacuer les archives tant convoitées par nos ennemis. Car cette divison faisait partie d'un département nommé Ahnenerbe, une section s'intéressant soi-disant à l'occulte, mais dont le chef, Wolfram Sievers, n'était autre qu'un membre du Cercle de Calebros.


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Commentaires

.... rose et lise protectrices........ que de rebondissements, moi je suis captivée...... continue continue...... j'aime bcp tous ces mystères qui s'entremèlent

Écrit par : la belle | 25/08/2005

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