17/08/2005

Profondeville

1730                Profondeville, les Dragons.

 

        Le jour des vingt ans de Cassandre, Casimir Maleyvi décide de lui enseigner la science des passages. Il lui apprend à franchir de courtes distances, mais, hélas, les choses ne se déroulent pas très bien et, pour la première fois, le maître se montre ouvertement déçu par l'élève

        Cet échec mine la jeune femme qui délaisse d'un coup son apprentissage pour courir les bals et les campagnes et s'abandonner à une frénésie sexuelle aussi bien avec des hommes, qu'avec des femmes, qu'ils soient jeunes ou moins jeunes. Très vite, la chose s'apprend et arrive jusqu'aux oreilles d'Adrien Descrieux qui s'inquiète depuis un certain temps du comportement étrange de sa fille. Après une longue discussion avec son épouse, il décide de prendre les choses en main et prend ses dispositions pour envoyer Cassandre dans un "établissement de soins" réputé pour remettre le jeunes filles dans le droit chemin. L'institution se trouve à Profondeville et est tenu par des religieuses renommées pour leur sévérité.

        Le 01er mai, à l'aube, Cassandre est enlevée et amenée à Profondeville. Droguée aux extraits de pavot, elle perd toute personnalité et tout contrôle de soi pendant six semaines. Mi-juin, les religieuses commencent sa "rééducation", mais quelque chose au fond de la jeune femme résiste, chose qui étonne et exaspère les "bonnes" sœurs.

        22 juillet, la Supérieure, excédée par le comportement de Cassandre, décide de lui faire donner le fouet dans la petite cour de l'hospice. On lui arrache la chemise de grosse toile qu'elle porte pour tout vêtement, l'attache à des chaînes et la fouette violemment jusqu'au sang. Ce traitement provoque un tel choc dans les corps et l'esprit de la jeune femme qu'elle reprend conscience de ses pouvoirs et décide de s'en servir en représaille. Elle appelle une nouvelle fois la foudre et la déclenche dans la cour où elle est suppliciée. Les éclairs frappent la supérieure en premier, la tuant sur le coup, puis s'abattent sur d'autres religieuses blessant certaines et envoyant les autres ad patres, provoquant du coup panique et débâcle dans la cour, puis dans tout l'hospice. Dans la fuite, Cassandre est oubliée, elle passe 36 heures, nue, attachée aux chaînes, avant que quelqu'un ne vienne la délivrer.

        Son libérateur prend d'infinies précautions avant de la détacher après lui avoir attaché un torque en or gravé de signes étranges autour du cou. Sans prendre la peine de la vêtir, l'homme lui fait traverser les ruines de l'aile ouest de l'hospice, visiblement déserté, et la mène à un carrosse noir aux fenêtres grillagées où elle est jetée sans ménagement.

        L'obscurité de l'engin ne lui permet de distinguer quoi que ce soit. Le voyage lui semble long et elle finit par s'endormir. A son réveil, elle est dans une cellule, allongée sur une couchette, vêtue d'une robe de lin rappelant celle des wiccas. Son dos a été soigné et elle a été lavée. Le torque en or est toujours à son cou. Elle inspecte l'endroit, en dehors de la couchette il y a : une table en chêne, une chaise, un seau pour les commodités, une cuvette en bois et une cruche d'eau pour sa toilette. La porte est massive, bardée de fer avec un judas grillagé, une petite fenêtre creusée dans le mur à environ 2,50 m de hauteur diffuse la lumière du jour dans la petite pièce. Voyant qu'il n'y a aucun moyen de fuir, Cassandre décide d'attendre que quelqu'un se manifeste et retourne sur la couchette.

        Son attente est de courte durée. Le judas s'ouvre, se referme, puis une trappe apparaît dans la bas de la porte laissant le passage à un plateau avec une soupe, du pain frais, un repas chaud et un flacon de vin. La jeune femme se jette sur la nourriture et engloutit le tout en un clin d'œil, vin y compris.

        Quelques instants après qu'elle ait englouti la dernière miette de pain, la trappe s'ouvre à nouveau et une voix d'homme lui demande de faire glisser le plateau. Elle s'exécute sans broncher, reçoit un pichet d'eau en échange avec un gobelet et "Le songe d'une nuit d'été" de William Shakespeare. Considérant le début de séjour comme apparemment sans danger, Cassandre s'installe sur la couchette et attaque la pièce.

        Environ une heure plus tard, la porte s'ouvre livrant le passage à un femme aussi petite que menue, mais dont les yeux  lance des éclairs dissuadant de se moquer d'elle. Elle examine Cassandre du regard et hoche la tête d'un air satisfait.

-       Tu es donc toujours une mortelle… pas servante, ni vampire. Le Praetor sera satisfait. Tu as terminé ton enseignement avec la wicca ?

-       Avant de répondre à vous questions; puis-je au moins savoir où suis-je et qui vous êtes ? réplique Cassandre avec son air de défi habituel.

-       Tu as un caractère fort…

(… le maître appréciera ! Tu verras le harem n'est pas aussi terrible qu'on le dit)

-       Il va falloir que tu sois plus respectueuse envers les maîtres de ce lieu.

-       Cassandre fait la moue.

-       Respectueuse ? Envers des gens qui m'emmènent de force d'un lieu où j'avais déjà été placée contre ma volonté, pour m'enfermer dans une autre cellule que celle que j'ai quittée. Je vous accorde que la nourriture n'était pas aussi bonne chez les religieuses et que les méthodes étaient beaucoup moins douces, mais une prison reste une prison !

-       Tu n'es pas exactement prisonnière… tu es en période de probation. Si tu te révèles à la hauteur, alors un grand destin t'attend !

-       Nouvelle moue dubitative.

-       Oui, c'est ce que vous prétendez ! Mais ai-je le choix ?

-       On a toujours le choix… Tu préférerais…

(… vivre dans ton petit village près de Glennan, et être l'épouse d'un de ces marins aventuriers qui ne sont chez eux que pour engrosser leur femme. Ici, tu vas vivre une vie de volupté et si tu donnes un enfant au maître, tu seras d'autant mieux traitée… Crois-moi, même les célestes ne sont pas aussi bien traitées que les femmes de ce gynécée…)

-       Croupir dans ton château à apprendre le métier de servante et vivre dans la servitude toute ta vie ? C'est pour échapper à cela que tu as appris la wicca, non ?


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Commentaires

merci pour ta visite chez moi suis toujours aussi assidue à te lire
je me dis que ça doit demander pas mal de recherches... chapeau bas!!!

Écrit par : pommefraise | 17/08/2005

oui et non certains éléments m'ont demandé des recherches, le reste sort de ma tête... mais je suis content que ça continue à te plaire

Écrit par : le doge | 17/08/2005

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