09/08/2005

Chapitre 5 : premières ombres, Galvin Nowless

Chapitre 5 : premières ombres, Galvin Nowless

 

Mardi matin, je me réveille vers 09h30.

Je regarde l'autre côté du lit, il est vide. Je me redresse, l'esprit encore ensommeillé. La visite du notaire dimanche soir nous a causé un fameux choc à tous les trois. Mais, à présent, nous comprenons mieux la raison de tout ce mystère et pourquoi grand-mère gardait le secret propos de Theobaldus et de Maritza.

On en a discuté une partie de la nuit de dimanche à lundi et avons repris les fouilles dans le grenier, hier, à nous trois. Tyran semble s'acclimater à notre nouvel antre, ainsi qu'à la présence de Bruno.

Bruno…

Marie avait raison, il avait autant envie de moi, que moi de lui. J'espérais qu'il ôterait ma robe jaune, je n'ai pas été déçue. C'est un amant tendre et attentionné et ses caresses m'emmènent au septième ciel.

Je sors du lit et me dirige, nue, vers le salon où je le trouve en train de mettre la table. Tant que Marie est là, je dors chez lui. Il sourit en me voyant.

-         Tu es déjà réveillée ?

-         Plus ou moins, mais le lit me semblait plus froid soudainement.

-         Je serais bien resté à attendre ton réveil, mais j'ouvre à onze heures.

-         Je sais… C'est déjà bien que tu ne sois pas ouvert plus tard que dix-neuf heures. Ça nous laissera du temps pour nos soirées.

Il ne dit rien et s'approche de moi pour me prendre dans ses bras. Je me love contre son torse et ne pense plus à rien. Soudain, je me met à frissonner, Bruno s'en rend compte et attrape un des plaids écossais qui sont posés sur les fauteuils pour m'en envelopper. La chaleur me réconforte et je me laisse porter par sa respiration.

 

Quitter Maritza pour Venise est toujours une déchirure, même si elle est temporaire. Clarice soupire, ses rhumatismes la font souffrir et elle sait que bientôt, sa fille Pauline prendra la succession, elle se désole pour Shirley qui n'aura pas d'autre choix que de la suivre lors du Départ. Mais, Shirley aussi a fait son temps et n'est même plus en mesure de quitter l'Ecosse pour l'Italie depuis déjà trois étés.

 

Clarice vérifie que toutes les protections sont bien en place avant de monter dans le fiacre. Comme à chaque voyage, il est venu et il attend patiemment. Clarice sent un pincement au cœur en le voyant, il ne change pas, toujours aussi beau et en même temps aussi mystérieux. Elle sait qu'il ne peut pas vieillir, mais de le voir comme au premier jour lui fait prendre conscience des années passées depuis.

-         Bonjour qui, dit-il de sa voix chaude.

-         Bonjour Theobaldus, je suis heureuse de te revoir.

-         Moi aussi, je suis heureux de te revoir, Clarice. Il y avait bien longtemps.

-         Oui, mais ces dernières années furent fort troublées. Nous avons eu peur pour Maritza à de nombreuses reprises.

-         Je sais, les ombres se déplacent plus facilement en temps de guerre, c'est pour ça que je soupçonne ces conflits incessants d'être une manœuvre de nos ennemis.

-         Sa Seigneurie m'a dit la même chose lors de sa dernière visite.

-         Il a été imprudent de venir jusqu'à vous. C'était un risque inconsidéré.

-         Shirley était blessée et tu sais que seul lui possède ce qui nous guérit.

Theobaldus reste silencieux. Il regarde la campagne où il y a peu, l'ogre corse marchait avec ses armées. La campagne de Russie avait entraîné sa chute, on ne vainc pas facilement Iarovit, surtout s'il a scellé une alliance avec Moroz. Que de choses avaient changé en cinq cent ans. De grands empires étaient tombés, d'autres avaient vu le jour, mais étaient morts prématurément, certains luttaient vaille que vaille.

 

Cinq cent années ou presque…Humain le jour, monstre la nuit, immortel et maudit. Au début, il avait erré seul, désespéré, puis il avait rencontré Tybalt qui lui aussi traquait Marcellus. J'avais perdu Clara, il était en train de perdre Maritza. Leur chasse les conduisit à Venise, tout semblait les ramener à la Sérénissime.

 

Le fiacre s'arrête soudain, Theobaldus sort de ses souvenirs pour constater que le soleil est déjà bas dans le ciel. Il soupire, qui ne dit rien.

-         Le soir approche.

-         Je sais, j'ai remarqué. Mais, je ne voulais pas t'arracher à tes pensées. Tu es parfois si loin lorsque tu es ainsi. Pauline aussi s'éloigne lorsqu'elle laisse son esprit courir au loin.

Theobaldus semble surpris.

-         Ah ?

Clarice  hoche la tête.

-         Ses facultés de concentrations sont beaucoup plus fortes que les miennes, elle perçoit l'invisible plus facilement.

-         Shirley ne t'a pas dit si Eileen possédait les mêmes dons ?

-         Pas ouvertement, non…

-         Mais ?

-         Mais, elle m'a laissé entendre qu'Eileen voyait déjà les portes sacrées.

-         Vous en avez parlé à Sa Seigneurie ?

-         Pas encore, je voulais t'en parler d'abord… Après tout, elles sont tes filles.


10:29 Écrit par Masque | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.