04/08/2005

le rêve de Marie

Au moment où je m'apprête à pénétrer dans la salle de bain, elle en sort dans sa tenue favorite justement. Je ne peux m'empêcher d'admirer le corps bronzé qui s'offre à mon regard, les seins lourds aux mamelons carmins, le ventre plat avec un piercing dans le nombril, dernière folie en date de Marie, le pubis glabre, habitude que nous avons toutes les deux depuis la fac à cause de la natation, entre autre, les longues jambes fuselées qui se terminent par des chevilles de danseuse, autour de l'une d'entre elle un bracelet de cheville en or fin semblable à celui que je porte autour de la cheville droite, cadeau de grand-mère lorsque nous avions réussi nos candidatures à la fac. Elle détaille ma robe, intriguée, elle sait que je n'en porte pas souvent avant de rompre le silence.

-         C'est nouveau ?

-         Oui, je l'ai achetée juste avant le décès de grand-mère.

-         Elle te va bien.

-         Merci. Je venais te dire que Bruno déjeune avec nous, il est dans la cuisine.

-         Oh… Ok, je vais aller m'habiller.

-         Oui, ce serait mieux.

Je fais demi-tour, lorsqu'elle m'arrête.

-         Je suis désolée pour hier soir. Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête.

Je souris.

-         Ça va. Pas trop la gueule de bois ?

-         Non, ça va.

Elle rougit.

-         Je me suis vraiment comportée comme une conne hier.

-         On peut dire ça, oui.

Grimace de surprise.

-         Sympa, dis-moi… Depuis quand tires-tu sur les ambulances ?

-         Depuis qu'elles accrochent une cible sur le côté avec une banderole "shoot me".

Nouvelle grimace. Je ferme la porte du hall pour lui permettre de regagner sa chambre sans exposer sa nudité à tous les regards.

-         Je peux t'emprunter une culotte propre ?

Je lui ouvre mon tiroir à sous-vêtements.

-         Sers-toi.

-         Qu'est-ce-qu'on mange ?

-         Des quiches. Je t'en ai pris une aux légumes.

-         Super ! Merci, Sandra.

Je la regarde rentrer dans sa chambre avant de rejoindre Bruno dans la cuisine. Il a déjà mis le four en route et commencé à préparer le café.

-         Marie va arriver. Elle est super gênée à cause d'hier soir.

Il sourit.

-         Qu'elle se rassure, je n'ai pas pour habitude de tirer sur le pianiste lorsqu'il fait des fausse notes.

Je fais la grimace.

-         J'ai bien peur de ne pas avoir eu cette délicatesse.

-         Tu as plus de raisons que moi d'être en pétard après elle…

-         Pourquoi tu dis ça ?

-         Elle t'a quand même rembarrée deux ou trois fois assez sèchement hier soir.

Et moi qui pensais qu'il n'avait rien remarqué, tu parles d'une gourde. Je reste silencieuse jusqu'à ce que Marie entre dans la cuisine. Elle dit bonjour à Bruno et voit le registre sur la table.

-         Ce maudit truc m'a fait faire des rêves bizarres toute la nuit.

-         Quels genre de rêves ? demande Bruno.

Elle hausse les épaules.

-         Je ne sais pas trop… Des histoires de marché aux esclaves. J'étais vendue en place publique, nue sur une estrade, destinée à une sorte de harem je crois.

Bruno et moi nous nous regardons éberlués.

Marie nous dévisage intriguée.

-         J'ai dis quelque chose d'étrange ?

-         Non ! Enfin pas vraiment.

-         Très clair comme explication, Sandra.

-         J'ai continué à lire le journal avec Bruno hier soir. Enfin, je devrais plutôt dire que je lui ai fait la lecture. Ton subconscient a peut-être enregistré ce que je lui lisais.

-         Il était question d'hommes casqués avec une visière en métal leur couvrant le visage ?

-         Euh, quelque chose du genre oui.

-         De marchés de dupes passés entre des hommes d'influence et des simples gens ?

-         Pas exactement exprimé comme ça, non…

-         J'ai rêvé d'un homme escorté par des soldats masqués qui venait proposer une grosse somme d'argent à une famille pauvre contre leur fille. Soi-disant pour qu'elle aille servir dans un temple au quelque chose du genre, en fait, elle était destinée à être vendue comme esclave… Je dois vous avouer que c'était assez confus et que je ne me sentais pas bien du tout.

Nous restons silencieux. Si le rêve de marie ressemble à des passages du journal, les détails, eux, sont trop précis pour n'être qu'une extrapolation. J'enfourne les quiches en silence et regarde Bruno, perplexe.



10:00 Écrit par Masque | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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