03/08/2005

Chapitre 4 : la formation de Cassandre

Dimanche de Pâques, réveil en douceur en fin de matinée. Marie dort toujours, Bruno m'a aidé à la mettre au lit à trois heures du matin, puis nous nous sommes dit bonne nuit et j'ai été me coucher.

            Je craignais que mon sommeil ne soit envahi d'images de Cassandre ou même de Venise, mais non… rien de tout ça. J'ai dormi paisiblement, je crois même avoir rêvé que grand-mère était tout près de moi.

           Je me lève doucement et me dirige vers la salle de bains après avoir pris du linge propre dans le tiroir de la commode. Depuis que je viens dormir ici, je veille a toujours avoir des sous-vêtements de rechange, ainsi que quelques vêtements. M'installer ici, l'idée me traverse une nouvelle fois l'esprit. Certes ce n'est pas aussi grand que mon appartement du boulevard Saint-Michel, mais même si j'y vis seule depuis le départ des parents, j'ai encore du mal à le considérer comme "chez moi", tandis qu'ici c'est différent.  D'ailleurs louer le Saint-Michel serait plus rentable que de louer celui-ci, puis savoir un étranger occuper le lieu où grand-mère a passé une grande partie de sa vie, ça me déchire le cœur.

            Toute à mes réflexions, j'ouvre le robinet de la douche et ôte mon T Shirt de nuit avant d'entrer dans la cabine. L'eau tiède coule sur mes cheveux et glisse le long de mon corps entraînant une sensation de bien-être. Tout en me savonnant, je laisse mon esprit partir à l'aventure avec un secret espoir que d'autres visions de Venise apparaîtront, mais rien ne vient. Je fini par stopper l'eau et sortir de la cabine de douche pour m'enrouler dans mon peignoir de bain. Je sèche mes cheveux avec une serviette, ils ne sont pas assez longs pour que j'utilise un sèche-cheveux, de toute façon, j'ai horreur de ça. Je regarde par la fenêtre, le soleil brille et le temps paraît chaud, je décide d'opter pour une tenue de circonstance, une robe jaune sans manches qui s'arrête juste au-dessus des genoux, des tennis en toile de même couleur, en dessous un ensemble jaune également. Je me dirige donc avec mon peignoir de bain ouvert dans ma chambre et range les sous-vêtements que j'avais sorti pour les remplacer par cet ensemble que j'ai acheté il y a quelques jours. J'hésite un instant, string ou culotte, je choisis le string, j'ai envie d'être sexy aujourd'hui. J'enfile le tout, me maquille légèrement, fais les lacets de mes tennis et me dirige vers la chambre d'amis.

            Marie dort toujours, la couette est tombée à terre et ses longs cheveux bruns balayent son dos nu pour presque toucher ses fesses bronzées. Toujours adepte du bronzage intégral, Marie. Je la laisse à ses rêves et me dirige vers le salon où je prend mon sac, mes clés de voiture, je descend, m'arrête devant l'appartement de Bruno, pas de bruit. Je prend mon courage à deux mains et je frappe doucement à la porte. Quelques minutes plus tard, la porte s'entrouvre, Bruno me regarde avec les yeux encore ensommeillés.

 

-         Ah… Sandra. Que se passe-t-il ?

-         Excuse-moi de te réveiller, Bruno. J'allais chercher le petit… enfin le déjeuner je devrais dire à cette heure-ci. Et comme tu parais ne pas encore avoir mangé, je voulais te dire que tu es invité.

Tout cela dit d'une traite avec le rouge me montant aux joues. Qu'est-ce-qu'il m'arrive ?

Il ouvre un peu plus les yeux, je sens son regard qui me détaille, ne pas rougir surtout.

-         C'est sympa… J'accepte avec plaisir. On fait ça chez toi ?

-         Chez… Oui, chez moi. C'est décidé, je vais emménager ici.

-         Ah, c'est chouette. Si tu as besoin d'un coup de main pour le déménagement, n'hésite pas à me demander.

-         Ce ne sera pas de refus. Je vais chercher des quiches au Pain Quotidien. Tu as une préférence ?

-         S'ils ont saumon/brocolis je suis preneur.

-         C'est noté. Je te prend au passage quand je reviens.

-         Ok. Ça me donnera le temps de reprendre forme humaine.

 

J'éclate de rire, mais soudain l'image d'une créature ailée m'envahit pour disparaître aussitôt. Je me sens un peu vacillante, mais je me reprend immédiatement. Bruno ne semble avoir rien remarqué. Je lui fais un signe d'adieu, puis sort dans la rue. La chaleur printanière m'enveloppe comme une couverture, j'entre dans ma mini, met le contact, direction le Sablon. Je me gare où je peux, avec le marché des antiquités, les places sont rares. Je remonte le long de la place, entre dans la magasin bondé. Comme j'y viens souvent depuis que grand-mère habite le quartier je suis connue des employés. L'une d'entre elle, Martine, me fait un signe discret et je me dirige vers la caisse comme si je venais chercher une commande.

 

-         Que désirez-vous mademoiselle Sandra ? me demande Martine.

-         Des quiches, s'il vous plaît Martine. Une saumon/brocoli, une chèvre/tomate, une aux légumes et une jambon/poireaux.

 

La vendeuse hoche la tête et file dans la cuisine pour en ressortir cinq minutes plus tard avec quatre quiches emballées. Je la remercie en payant le tout et retourne à ma voiture. En chemin, je jette un bref coup d'œil à la place du Grand Sablon et aux échoppes sous les tentes rouge et vertes et je me rend compte d'être observée. Je m'arrête, fixe l'homme et reconnaît Galvin Nowless. Je le salue d'un signe de tête, il me rend la pareille avant de me tourner le dos et de se fondre dans la masse des chineurs.  Etrange bonhomme. Je regagne ma mini et rentre à la maison. Par chance, l'emplacement que j'ai quitté un quart d'heure auparavant est toujours libre. Je me gare, ouvre la porte en essayant de ne pas renverser les quiches et voit Bruno descendre, rasé et habillé de frais d'une chemise lavande qui fait ressortir ses yeux bleus, d'un pantalon de toile blanc cassé et d'espadrilles blanches. Il me débarrasse des quiches tandis que je ferme la porte et nous montons jusqu'à mon appartement. J'entre la première et entend du bruit dans la salle de bains, signe que Marie est levée. Je laisse Bruno porter le déjeuner dans la cuisine tandis que je vais la prévenir que nous mangeons à trois et qu'elle ne peut donc pas circuler en tenue d'Eve comme elle en a l'habitude.


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Commentaires

Génial ! Je passe chez Nicky, je lis les commentaires, je suis un lien...
Et me voilà.
J'ai tout lu et je trouve ton histoire géniale !
Vivement la suite.
@ très vite !

Écrit par : le Râleur.na | 04/08/2005

Flatté que même le râleur.na devienne un des mes lecteurs... merci

Écrit par : le doge | 04/08/2005

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